MONTRÉAL – L’artiste multidisciplinaire Raôul Duguay a rendu, jeudi soir, à la Maison du Festival international de jazz de Montréal, un vibrant hommage au réputé peintre québécois Jean-Paul Riopelle (1923-2002) avec une performance poétique et musicale.
Dans une salle remplie de la Galerie Lounge, située au deuxième étage de l’édifice où sont d’ailleurs exposées une cinquantaine d’œuvres de l’artiste, Raôul Duguay a livré un long poème d’une grande sensibilité, dans laquelle il a puisé l’essence même de la créativité et de l’âme de Jean-Paul Riopelle.
«Sa vision du monde, de la nature et de l’art m’a beaucoup stimulé, à un point tel que le projet au départ, qui devait accompagner une exposition de l’artiste à la galerie montréalaise Parisian Laundry en 2006, est finalement devenu une longue étude sur le créateur, a expliqué en entrevue Raoûl Duguay, tout juste avant sa performance. D’ailleurs, je crois qu’aucune autre initiative du genre n’existe sur Riopelle.»
Dans ce texte d’une vingtaine de pages divisé en quatre sections (L’Isle heureuse, Les saisons, Paroles de Jean-Paul et Écho d’un regard), le poète a exprimé à la fois la place du peintre dans l’univers de la création, tout comme l’effet de l’artiste sur sa propre personne.
Ponctué par des intermèdes musicaux (Duguay était accompagné d’Alain Sauvageau au clavier et d’Yvan Belleau aux saxophones et clarinettes) aux sonorités jazzy, le monologue s’est vu quelques fois chanté, la plupart du temps narré avec rythme et intensité.
NE PAS MOURIR
Pour lancer cette singulière prestation, probablement trop rare à Montréal, Raoûl Duguay s’est lentement avancé sur la petite scène en jouant de la trompette, tout ceci sur des airs d’une grande légende du jazz de l’époque, Bud Powell, et des textures enregistrées de cris d’oies sauvages.
«L’essentiel dans la vie, c’est de ne pas mourir, a affirmé l’homme d’entrée de jeu. Toute l’œuvre de Riopelle repose dans ces deux lignes.»
Dans une magnifique ambiance créée par l’inventivité folle de Duguay, mais aussi de la spontanéité des deux autres musiciens, il a livré son poème avec un plaisir contagieux. Dynamique, allumé et passionné, il s’est investi à «faire de la haute couture» à partir du riche héritage légué par l’un des plus grands peintres de l’histoire de l’art québécois.
